Précipices ou quatre possibilités du vide

Série de 4 sculptures.

H : environ 50 cm avec socle
Matériaux : socle de bois cimenté.
Sculptures : pâte autodurcissante, ciment, plâtre, sable, tissus noirs avec Powertex et tissu intelligent noir.

Ces sculptures sont non séparables et dans quatre positions différentes. Les tissus noirs vont de la maille la plus large à la plus serrée. Elles sont accompagnées d'un poème.

Actuellement exposées à la galerie A La Croisée des Arts à Auneau
Prix : sur demande

Poème d'accompagnement :

Précipices ou quatre possibilités du vide

Le jour tombe.
J’observe, confuse,
L’encor petit trou obscur
Entrouvert pas malaise.
Plus la lumière baisse
Plus le vide s’ouvre.
Et cet instant qui me happe
Jusqu’à m’empêtrer
Dans des filets collants
Lentement tissés.
– Il faut avoir vécu pour les voir -
Devant le ravin
Fini l’équilibre !
Agenouillée, bancale,
Ciment du corps
Et tête évidés,
Je tends au précipice.
Gouffre magnétique.
Se laisser glisser
Au creux des vagues douces
De ses draps sombres.
Détails de la moire opaque.
Angoisse : tu te dis indéfinissable !
Mais non !
Précise, serrée,
Pas une maille ne manque
A ton treillis de ténèbres.
Dentelle crochetée par une vieille.
C’est la Mort qui a presque fini.
Comme elle a bien travaillé
A l’ouvrage qui étreint ma gorge !
Asphyxiée, au tempo de mon cœur.
Bel abîme de l’insomnie,
Nuit, accueille-moi !
Que je me recroqueville
Dans cette béance sûre.
Ecouter l’accalmie,
Dormir enfin,
C’est bien mieux que vivre !
A cette heure du Monde,
Dors, mon âme.

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